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Gemischtes Werk von Teppei SENGOKU · 26. Mai 2026

Intrus pour harpe et électronique

Cette pièce Intrus est prévue pour deux versions, l'une pour harpe seule et l'autre mixte pour harpe et électronique temps réel. La première version a été interprétée par Marcel Cara et enregistrée professionnellement lors d'un concert de SIMEC qui s'est tenu au Conservatoire CRR Amiens Métropole en novembre 2025.

Le point de départ de cette pièce pour harpe est le son bruité « chhh » de frottement métallique entendu près d’un chantier en ville, auquel j’ai été particulièrement sensible. En envisageant la possibilité de reconstruire ce son à travers un instrument, j’ai pensé que le bruit produit en frottant verticalement les cordes graves de la harpe le long de leur axe pouvait s’en rapprocher. L’idée plus générale est de faire émerger des sonorités de la harpe qui ne sont pas habituellement associées à cet instrument. L’étude de répertoires existants pour harpe m’a conduit à m’intéresser au glissando obtenu par l’usage des pédales chez Yoshihisa Taira, ainsi qu’au portamento réalisé par Heinz Holliger à l’aide de la clé normalement utilisée pour l’accordage. Plus encore, je cherche à mettre en relation ces techniques avec un ensemble de bruits percussifs présents dès le début de l’œuvre. Les procédés concrets consistent à définir deux pôles sonores : d’une part un son métallique et continu obtenu par le frottement des cordes, et d’autre part un son de type percussif, proche du bois, produit par des frappes sur la caisse de résonance. L’idée est de relier ces deux extrêmes par une continuité sonore assurant leur cohérence. Dans ce cadre, la corde est parfois étouffée par la paume de la main, de manière à la priver presque entièrement de résonance, ce qui permet de produire une sonorité frottée proche de celle d’un guiro. Par ailleurs, l’exécution de sons harmoniques à des positions où les partiels ne se développent pas clairement permet d’obtenir une couleur sonore métallique, riche en bruit. L’introduction de ces techniques rend possible la construction d’une cohérence sonore à l’échelle de l’ensemble de l’œuvre. La partie électronique se réalise actuellement après la création de cette version pour harpe seule.

Description du projet

Elle est structurée en trois parties : Section 1 (mesures 1-35), Section 2 (mesures 36-97), Section 3 (mesures 98-118).

Les concepts compositionnels fondamentaux de cette pièce sont au nombre de deux : éviter la répétition et créer de l’imprévisibilité grâce à des variations dans la technique de jeu, l’étendue, les nuances et le rythme.

Section 1 - Formation d'un espace sonore microtonal par des cordes traitées avec scordatura. En particulier, pour mettre l'accent sur les micro-intervalles, les harmoniques des cordes accordées en 1/4 de ton et celles en ½ ton, qui apparaissent comme la même note dans la partition, sont utilisées dans les accords et le trémolo pour créer une atmosphère quelque peu agitée, tandis que le glissando chromatique joué avec la pédale est placé en contraste. Sur le plan rythmique, de subtiles variations sont constamment introduites par la combinaison de notes selon différentes divisions et par l'appoggiature, créant ainsi une sensation de fluctuation du tempo.

Section 2 - Elle crée un contraste, à la manière de points et de lignes, grâce à la technique du portamento et à la technique de jeu normale utilisant la clé, servant à l'accordage. De plus, le portamento avec la clé comprend non seulement des mouvements linéaires ascendants et descendants, mais aussi des variations avec des trémolos subtils et du trémolo, qui consiste à frapper rapidement les cordes tout en effectuant un mouvement de va-et-vient. Une autre caractéristique de cette section est l'utilisation de techniques percussives sur la harpe. Deux niveaux sont utilisés pour cet usage percussif. Le premier consiste à générer du bruit en frappant la caisse de résonance de l'instrument avec la main. Le second vise à produire un son à la hauteur incertaine et à insister sur la frappe en maintenant constamment les cordes en contact avec une main pour les étouffer, tandis que l'autre main joue.

Section 3 – Un ensemble de jeu harmonique dans diverses positions sur la même corde et de portamento à la clé, suivi de la coda. Dans cette section, deux techniques de jeu complètement différentes, le jeu harmonique et le portamento à la clé, sont utilisées simultanément, mais les sonorités produites par ces deux techniques sont similaires en ce qu'elles produisent une sonorité métallique. La construction de points et de lignes par ces techniques, reliées par cette similarité, est la caractéristique principale de cette section. De plus, la génération de hauteurs ambiguës en jouant à des endroits de la même corde qui ne produisent pas d'harmoniques entières accentue l'espace sonore de l'ensemble de la pièce, dominé par des changements de microtons.

La partie électronique temps réel est en cours de développement et de programmation. L'utilisation de sons électroniques tout au long de la pièce est un « effet de gel » spatialisée obtenu par synthèse harmonique à l'aide de la transformée de Fourier rapide. Ce procédé permet de réaliser de longues notes tenues, impossibles à obtenir de la sorte savec une harpe, et d'ajouter une légère ondulation aux notes tenues.

Bilan critique

Voici ma première composition pour harpe. J'ai passé beaucoup de temps à étudier l'instrument et à procéder par essais et erreurs avant de la terminer. La harpe est un instrument avec des contraintes comme les pédales, mais je crois que ces contraintes ont grandement contribué à l'amélioration de mes compétences de compositeur, tout comme la partie électronique qui va représenter pour moi une étape importante dans l’appréhension de la création mixte.

Datei(en)

  • Intrus_extrait.pdf 2.17 Mo Nur Online-Ansicht
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  • intrus teppei.mp3 (7.36 Mo)